MUSCULATION
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Claire Senécal | ||||||||
| http://www.collegeem.qc.ca/cemdept/edup/csenecal/ | |||||||||
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par Richard ChevalierIl y a quelque chose d'incongru dans la vision dun joggeur en sueur martelant le bitume du centre-ville à l'heure de pointe. Ce qui cloche, en fait, c'est l'idée d'améliorer sa condition physique dans un environnement pollué. Peut-on y arriver?http://erpi.com/kinesante.cw/index.jsp?chapitre=562&texte=3523 Les experts disent que oui, mais non sans peine! La pollution peut être responsable d'un rétrécissement sévère des bronchioles (bronchospasme), d'irritations des muqueuses du nez et de la gorge, d'une augmentation de la production de mucus, voire d'une aggravation de la fréquence et de la sévérité des maladies respiratoires comme en fait foi la hausse des visites à l'urgence quand le smog règne sur la ville. Quatre types de polluants sont particulièrement nuisibles pour ceux et celles qui font de lexercice en milieu urbain: l'anhydride sulfureux (SO2), l'ozone (O3), les particules en suspension et le monoxyde de carbone. L'anhydride sulfureux ou dioxyde de soufre (SO2) , ce gaz à l'odeur nauséabonde, se répand dans l'air à la suite de la combustion domestique, commerciale ou industrielle de matières fossiles comme le pétrole. La concentration de SO2 dans l'air est donc très élevée près des raffineries les résidents de l'Est de Montréal en savent quelque chose. Chez les personnes asthmatiques, même une exposition à des concentrations peu élevées d'anhydride sulfureux peut rapidement déclencher un bronchospasme. Par comparaison, ce nud respiratoire apparaît chez les non-asthmatiques seulement lorsquils sont exposés à des concentrations très élevées de SO2. Enfin, contrairement à ce qu'on peut croire, c'est lorsque l'air est froid et sec que ce gaz malodorant risque de provoquer les bronchospasmes les plus sévères. L'ozone (O3) , non pas le gaz qui abonde dans le stratosphère, mais celui qui rampe au ras du sol, est un gaz potentiellement toxique pour les voies respiratoires. Résultat du mariage entre la lumière solaire et les gaz polluants des automobiles, l'ozone, à cause de son pouvoir oxydant, provoque une inflammation temporaire des muqueuses des voies respiratoires. Et quand les bronches sont enflées, la respiration devient ardue. En bout de ligne, la capacité dune personne à faire de l'exercice se trouve réduite. Ainsi, plusieurs études ont démontré que ce gaz, même en concentration modérée, pouvait incommoder les personnes qui font des exercices de longue durée (plus de 90 minutes). Par ailleurs, l'ozone augmenterait la sensibilité des asthmatiques lorsquils sont, par la suite, exposés à des allergènes. Ainsi, les asthmatiques qui ont préalablement respiré un air riche en ozone courent un risque élevé d'avoir, dans les heures qui suivent, une crise dasthme sils se trouvent en présence dallergènes. Les particules en suspension sont un véritable salmigondis de substances disparates: fumée d'usines et de cigarettes, aérosols acides, champignons microscopiques, poussières, particules minérales flottantes, pollens, acide sulfurique provenant des combustibles sulfureux, etc. Ces particules, qui abondent dans l'air des villes, peuvent irriter les voies respiratoires. De plus, les pollens, les champignons microscopiques et les autres allergènes peuvent déclencher une réaction allergique sévère chez une personne allergique qui fait de l'exercice, surtout si elle choisit un moment où la concentration des allergènes dans l'air est très forte. Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz très répandu dans l'air urbain. Et pour cause, puisque chaque jour qui passe, les automobiles en produisent des quantités industrielles. Les combustions incomplètes des cuisinières à gaz, des poêles à bois, des barbecue au charbon de bois sont d'autres sources de monoxyde de carbone. Contrairement aux autres polluants atmosphériques, le CO n'affecte pas directement les voies respiratoires et ne provoque pas de bronchospasme. Par contre, ce gaz s'agglutine goulûment à l'hémoglobine (Hb) pour former de la carboxyhémoglobine (COHb) , substance mortelle à fortes doses. En fait, le monoxyde de carbone prend la place de l'oxygène sur l'hémoglobine. Plus le taux de monoxyde de carbone augmente dans le sang, plus celui-ci s'appauvrit en oxygène. Une étude menée auprès de patients cardiaques qui faisaient de l'exercice dans un air riche en CO a montré que le nombre de crises d'angine chez ces patients augmentait substantiellement dès que le taux de carboxyhémoglobine dans le sang dépassait 4%. Au-delà de 4,5% ce composé biochimique peut provoquer des troubles de la vue et de la coordination, des maux de tête, des étourdissements et des nausées. Une autre étude, conduite cette fois auprès de coureurs qui s'entraînaient en ville à des heures où la circulation automobile était la plus dense, rapporte chez les sujets des taux sanguins de carboxyhémoglobine trois fois plus élevés que la normale, taux qui correspondaient à ceux d'un gros fumeur. Le simple fait de se tenir à proximité d'une artère encombrée pendant plusieurs minutes peut augmenter la concentration de monoxyde de carbone dans le sang et déclencher, chez certaines personnes, les malaises décrits plus hauts. Que faire? Bien sûr, l'idéal serait d'activer ses muscles dans l'air sain de la campagne, très loin des villes. L'idéal, avons-nous dit, parce que si on vit en ville ou à proximité, comme c'est le cas de la plupart des gens maintenant, faire une heure de voiture pour aller jogger 20 minutes dans l'air pur de la campagne n'est pas ce quil y a de plus pratique! Heureusement, on peut limiter, même substantiellement, les méfaits de la pollution en prenant quelques précautions. La première est une vérité de La Palice que certains semblent parfois oublier: restez à l'écart des rues achalandées. Donc, pas d'exercices en pleine cohue automobile. Si vous devez vous arrêter à une intersection, éloignez-vous du bord du trottoir. D'abord, vous ne risquerez pas d'être happé par un chauffard, ensuite, vous éviterez ainsi d'inhaler plusieurs mètres cubes de gaz d'échappement. Rappelez-vous que canicule rime avec pollution, surtout s'il n'y a pas de vent. Par temps froid, l'effet polluant de l'anhydride sulfureux augmente significativement. Bref, jogger près d'une raffinerie au mois de novembre n'est pas vraiment «écologique». Essayez, autant que possible, de faire vos exercices dans le sens du vent et non contre lui. Les face-à-face avec l'air pollué ne sont jamais bons! Activez vos muscles quand la pollution de l'air est faible, c'est-à-dire de préférence tôt le matin ou vers la fin de la journée, après 19 heures. Consultez aussi les bulletins de météo télévisés, les quotidiens ou encore le centre de contrôle de la qualité de l'air de la ville où vous habitez pour connaître le taux de pollution. S'il est élevé, reportez votre séance d'exercices au lendemain. Si vous êtes allergique aux pollens, ne faites pas dexercices vigoureux lorsqu'il vente mais plutôt après la pluie, puisque le taux de pollen dans l'air est faible. Enfin, si toutes ces précautions vous semblent plus contraignantes qu'autre chose, il y a une autre solution pour vous: le masque anti-pollution doté d'un filtre au charbon de bois activé. Ce filtre, quil faut changer après 30 jours, arrête les principaux polluants atmosphériques ainsi que le pollen et les microbes (bactéries et virus). Ces masques, que lon trouve dans les magasins darticles de plein air, se vendent entre 30 et 50$. Assurez-vous toutefois que le masque qui vous intéresse rencontre les normes de l'Organisation mondiale de la santé (habituellement, c'est indiqué sur le contenant). Ainsi masqué, vous risquez de ne pas passer inaperçu mais au moins, vous améliorerez votre cardio sans vous intoxiquer! Copyright 2001 ERPI, Éditions du renouveau Pédagogique Inc. Tous droits réservés |
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