MUSCULATION
Claire Senécal
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Adonis Complex:
The Secret Crisis of Male Body Obsession

par Claire Senécal

Beaucoup a été écrit sur le problème de perception de l’image corporelle chez les femmes anorexiques mais ce n’est que depuis peu qu’il a été reconnu qu’un problème semblable affligeait l’homme. L’obsession reliée à la perception du corps est la même et les psychiatres parlent alors d’anorexie nerveuse inversée. Pour la femme anorexique le corps est toujours trop gros tandis que pour l’homme anorexique la masse musculaire de son corps n’est jamais assez grosse.


 

Dans le livre The Adonis Complex : The secret Crisis of male Body obsession Harisson Pope Jr. docteur en psychiatrie au Havard Medical School parle ouvertement de tous les problèmes reliés à la perception de l'’image corporelle chez l’homme. Dans les dernières décades les petits problèmes d’apparence jusqu’aux cas psychiatriques semblent se développer de façon épidémique (Pope et al 2000, Psychiatrique Tines March 2001,) tant chez le jeune garçon que chez l’homme adulte.


Le terme Complexe d’Adonis n’est pas un terme médical. Il a plutôt été utilisé pour décrire la variété des problèmes masculins reliés à l’image corporelle. Le terme provient de la mythologie grec qui décrit Adonis comme moitié homme et moitié dieu. Adonis était considéré comme le summum de la beauté masculine. Il était tellement beau qu’il gagna le cœur de la reine Vénus, reine de tous les dieux.

Les critères de beauté ont changés depuis ces temps . À cet effet, les auteurs ont remarqué que dans les dernières décades la poupée Barby avait tendance à maigrir tandis que GI Jo devenait plus musculaire.

Pour illustrer ce phénomène prédominant que l’homme porte sur ses mesures corporelles et sa musculature, les auteurs Pope, Phillips et Olivardia utilise le terme de « Dysmorphie musculaire ». Elle implique que les fixations peuvent rapidement devenir obsessionnelles et compulsives.



L’Obsession au masculin

Josh se décrit comme un homme ordinaire et assez beau. Il a un membership dans un gymnase mais ne s'y rend pas souvent. Son travail est très demandant. Mais après avoir passé une soirée au Driving-In de Santa Cruz dans une température particulièrement élevée Josh, 31 ans a soudainement réalisé à quel point il avait besoin de se mettre en forme.
« Il y avait plein de gars qui se promenaient aux alentours torse nu, ils étaient tous scupltés comme des vedettes de cinéma». Josh dit « J’avais tellement chaud mais pour rien au monde j’aurais enlevé mon gilet. No way ».

Josh pouvait entendre défiler la liste de ses imperfections physiques : cheveux clairsemés, poils au nez, poignées d’amour, pas de six-pack abdominal.

Lorsque l’auteur lui a demandé s’il pensait à son corps tous les jours, Josh a cligné des yeux et a soupiré.

« J’y pense dès que je me vois dans le miroir le matin, quand j’entre dans la douche, quand je sors de la douche, quand je m’habille. Et quand je suis dehors et que je vois des gars plus attirants que moi.»

Josh s’est mis à la diète, il va a son gym et veut perdre ses poignées d’amour pour l’aider à remonter son estime de lui.

Selon la co-auteur Phillips, professeure de psychiatrie à l’Université Brown, Josh représente un tout petit cas parmi les millions d’hommes qui souffrent de distorsion d’image corporelle. Elle dit que beaucoup d’hommes souffrent tout particulièrement de dysmorphie musculaire, de honte extrême et d’embarras à propos de leur musculature. Ils seraient plus de 100,000 seulement aux États-Unis.

Un homme a été mis à la porte de son bureau suite aux plaintes de ses confrères de travail qui ne pouvaient plus supporter le bruit du malaxeur qu’il utilisait pour ses cocktails aux protéines. Un autre refusait d’embrasser sa copine par peur d’ingurgiter dans sa salive des calories non désirées.

Comme les femmes anorexiques l’homme obsédé par son image peut en mourir. L’auteur cite à cet effet l’abus des stéroïdes, les troubles alimentaires et le suicide. Phillips tient à mentionner que ceci n’est pas dit pour minimiser la souffrance que les femmes anorexiques vivent mais pour dire aussi que les hommes peuvent souffrir autant.


Alison une récente graduée de l’Université de Santa Clara dit que son fiancé a une perception saine de son image corporelle. Mais depuis qu’elle a récemment déménagé avec lui vient tout juste d’apprendre comment les gars pensent à propos de leur image corporelle.

« Voilà la routine habituelle. Nous allons au gym puis nous revenons à la maison, il enlève son gilet et prend une pose. C’est la pose avec une jambe en avant de l’autre, les bras sont légèrement pliés vers le devant de la cuisse et tous les muscles sont bombés ».

« Alors il me demande si je peux dire la différence et si je le trouve plus beau ».

Alison dit que malgré se perception positive de son image corporelle, son mari reste obsédé par sa peur d’avoir un bedon de bière .

« Il se regarde costamment dans le miroir » dit-elle prenant toutes les poses de bodybuilding qu’il connaît.. « Il est alors torse nu et toujours avec une expression très sérieuse ».


Problèmes cliniques

Durant les entrevues faites pour la recherche sur les désordres d’image corporelle chez les hommes, certains bodybuilders provenant de gymnases de Boston et de Los Angeles ont confiés qu’ils se percevaient plus petits et fragiles même s’ils étaient larges et très musclés. Certains étaient tellement préoccupés par leur supposée petitesse qu’ils refusaient de se dévêtir à la plage (Pope et al 1993). Ils levaient de façon obsessives des poids durant des heures et ceci tous les jours parfois sacrifiant des relations sociales importantes, le travail ou leur santé physique. Certains possédaient des degrés universitaires en affaires, droit et médecine mais avaient délaissés leur profession parcequ’ils avaient besoin de plus de temps pour aller au gymnase (Pope et al 1997, Olivardia et al 2000).

Dans plusieurs de ces cas, les hommes avaient utilisés des stéroïdes anabolisants ou autres types de drogues pour être plus gros; paradoxalement plusieurs se sentaient plus insécures à propos de leur volume musculaire après avoir pris des stéroïdes.

En résumé, ces hommes manifestaient une anorexie nerveuse inversée (reverse anoraxia nervosa) et aucun n’avait consulté un médecin à ce sujet.

Sur un série de 160 bodybuilders 16 (10%) hommes ont avoués avoir fait des compromis dans leur vie sociale et professionnelle à cause de leur obsession musculaire suggérant ainsi que des centaines de milliers d’américains mâles peuvent vivre ces symptômes de façon secrète.

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Jusqu'à la maladie mentale

Aussi secret est l’effet pervers de l'utilisation abusive des stéroïdes qui ne sont pas seulement utilisées pour des performances sportives mais simplement pour paraître plus gros.

L’utilisation de cette drogue est potentiellement dangereuse à long terme mais à court terme elle risque de provoquer des troubles psychiatriques tel que des crises maniaques et agressives durant la prise des stéroïdes et des états dépressifs lors du sevrage.

Un sondage fait ressortir que six pourcent des garçons de niveau secondaire auraient utilisé des stéroïdes anabolisants et entre deux et trois milliers d’hommes américains. « Et ce serait des données conservatrices. Ceci est un nombre époustouflant d’hommes qui s’utilisent comme cochon d’Inde avec des produits qui ne sont pas encore bien compris. Les stéroïdes peuvent provoquer des maladies cardiaques, des crises cardiaques, le cancer de la prostate et des symptômes psychiatriques. Une récente étude semble également démontrer que la prise de stéroïdes créerait des conditions favorables pour développer une dépendances aux opiacés. « (Pope et al 2000)

Les hommes qui souffrent de distorsion de leur image corporelle se décrivent comme étant terriblement souffrant et se soulagent en retournant s‘entraîner tous les jours. Ils se sentent honteux de leur image et souffrent continuellement d’anxiété et de dépression.

Ces hommes atteint d’anorexie nerveuse inversée , risque souvent l’autodestruction en persistant dans leur entraînement de façon compulsive même s’ils ressentent de la douleur ou sont blessés, ou persistent dans une diète faible en gras et riche en protéines même s’ils souffrent de faim chronique.

Les tourments et les préoccupations de ces hommes sont rarement soulagés par l’augmentation de leur masse musculaire.

En terme psychiatrique une préoccupation continuelle est traduite comme étant une obsession ou idée obsessionnelle. Les gens sont portés vers des gestes répétitifs ( compulsion) pour répondre à ces obsessions.

Selon Pope, Phillips et Oliverdia (2000) certains hommes sont conscients que leur idée obsessionnelle est irrationnelle et que leur comportement compulsif est futile. Mais malgré ça ils sont incapable d’arrêter leur compulsion et comportements autodestructeurs. Leur honte et leurs autocritiques semblent prendre le dessus sur les pensées rationnelles et forcent ces hommes à nourrir leur obsession plutôt que d’avoir une vie épanouie.


Les symptômes

Voici les symptômes à surveiller:

Exercice excessif qui n’est pas nécessaire pour l’école ou une autre activité.

S’inscrire dans un sport avec comme seule motivation l’apparence et non le plaisir du jeu.

Fixation sur l’apparence d’un modèle tel qu’un homme très musclé ou une vedette de cinéma.

Utilisation d’une grande quantité de suppléments alimentaires (créatine, protéine, stéroïdes).

Changement brusque de poids.

Technique dangereuse pour perdre du poids : diète extrême, laxatif, vomissement, diurétiques.

Trop de temps/argent mis sur le toilettage et ses produits.

Sentiment dépressif et persistant de ne jamais avoir le bon look.

A continuellement besoin d’être rassuré sur son apparence.


 

 

 



 2000
TheAdonis Complex:
The Secret Crisis of Male Body Obsession

2002
TheAdonis Complex:
How to Identify, Treat and Prevent Body Obsession in Men and Boys


Authors:
Harrison G. Pope, Jr., MD
Katharine A. Phillips, MD
Roberto Olivardia, PhD
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L’Obsession au masculin
Problèmes cliniques
Jusqu'à la maladie mentale
Les symptômes