| 1. | Définir
ses besoins Analyser un texte (version pdf ici) |
| Analyser un texte signifie le décomposer pour en reproduire les éléments essentiels et en dégager la structure d’ensemble. *
*Cette activité est inspirée du livre Pour réussir. Guide méthodologique
pour les études et la recherche en sciences humaines de Bernard Dionne. |
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Texte analysé: Présenter brièvement l'auteur: La situation du français au Québec, voilà le sujet de l’article de Guillaume Bourgault-Côté que nous analyserons ici. L’auteur est journaliste au Devoir, un quotidien montréalais et il s’intéresse de près à la question linguistique. Dans ce texte, il commente les résultats des dernières données du recensement canadien de 2006. Résumer le texte: L’auteur présente plusieurs données. Il remarque d’abord que la proportion de personnes parlant français à la maison n’a jamais été aussi faible : au Québec, cette proportion est de 81,8 %; à Montréal, la situation est pire : moins de 54 % des gens parlent français à la maison. Même chose du côté de la langue maternelle : le pourcentage de personnes ayant le français comme langue maternelle est passé sous la barre des 80 % au Québec et représente moins de 50 % à Montréal. La cause du recul est, elle aussi, clairement identifiée : l’arrivée d’immigrants dont la langue maternelle n‘est pas le français. L’immigration a connu une forte hausse et les immigrants représentent 13,5 % de la population du Québec, un record. Les immigrants vivent majoritairement dans la région de Montréal et ils sont surtout allophones.
L’argumentation de l’auteur est fondée sur des données de Statistique Canada, des données de recensement plus précisément, les données les plus fiables. Nous savons, en sciences humaines, que la prudence est de rigueur lorsque nous interprétons des données statistiques. Ici, cependant, ce n’est pas la prudence qui guide l’auteur. Le ton est affirmatif, alarmiste même : il est question de « recul historique », de « record »; on nous dit que « le français perd des plumes », et que « l’augmentation du nombre d’immigrants est spectaculaire ». Intérêt de ce texte: La question est cruciale. Nous savons en effet que la survie du Québec comme société distincte est directement liée à la survie du français. L’article du Devoir sonne l’alarme et mérite toute notre attention. Situer le texte dans le contexte dans le contexte de la société globale Il ne faut pas oublier que ces données nous arrivent dans un contexte bien particulier, soit juste à la fin des audiences de la Commission Bouchard-Taylor. Les Québécois de tous les horizons y ont discuté d’identité, ils ont exprimé leurs espoirs et leurs craintes, dans une sorte de thérapie collective avec, en arrière-plan, une conscience aiguë de la fragilité de la culture québécoise et des défis qui l’attendent, comme celui de l’intégration des immigrants.
Là où ça devient intéressant, c’est quand on compare la position du journaliste du Devoir à celle de l’éditorialiste André Pratte, du quotidien La Presse. André Pratte a signé deux textes sur le même sujet, intitulés « Quel recul ? » (5 décembre 2007) et « Le français progresse » (7 décembre 2007). Comme contradiction, il est difficile de faire mieux. Les deux auteurs auraient-ils reçu des chiffres différents ? Non, évidemment. Mais ils ont choisi de dévoiler des statistiques différentes ou d’interpréter différemment certaines données. Ainsi, André Pratte insiste sur le fait que 75 % des immigrants des cinq dernières années adoptent le français. D’où le titre « Le français progresse ». En s’attardant plutôt à la langue maternelle ou en choisissant une période plus longue, le journaliste du Devoir arrive à la conclusion inverse.
Une chose est certaine : la prudence est de rigueur. Nous pouvons néanmoins nous demander pourquoi nos deux quotidiens présentent des lectures aussi divergentes. Nous pourrions probablement chercher la réponse dans les orientations idéologiques de ces publications. Dans un cas, celui du Devoir, un quotidien traditionnellement nationaliste, on semble trouver important de sonner l’alarme et d’attirer l’attention des lecteurs sur les indices de fragilité du français; dans le cas de La Presse, un quotidien dont les sympathies fédéralistes sont connues, on semble plutôt intéressé à rassurer, à montrer que le Québec multiculturel, au sein du Canada, est viable. Pour les spécialistes des sciences humaines, le défi est de garder une distance critique face à un enjeu comme celui du français, un enjeu crucial qui soulève les passions, même chez des journalistes chevronnés. |
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